La Société
Aux sources de la Société du Rorschach
 

 

 

 

 

     
 

Histoire de la Société du Rorschach et des Méthodes Projectives de La Langue Française

Par le Professeur Nina Rausch de Traubenberg
Présidente d’honneur
Membre du Groupement Français du Rorschach depuis 1956

 
     
     
 
Nina Rausch de Traubenberg

AUX SOURCES DE LA SOCIETE

 

La Société du Rorschach et des Méthodes Projectives de Langue Française a été créée en Mars 1950 avec pour titre Groupement Français du Rorschach. Cette création a une double origine :

 

-         d'une part, un petit groupe d'étude du Rorschach réuni autour de Cécile Beizman s'était constitué au Laboratoire de Psychobiologie de l’Enfant du Pr. Wallon (au 41 de la rue Gay Lussac à Paris) et cherchait à systématiser les questions de technique et à confronter son expérience avec d'autres praticiens du test. Ce laboratoire devint notamment celui de René Zazzo et Roger Perron. René Zazzo et ses collaborateurs ont pris la charge de la consultation psychologique de l'Hôpital Henri Rousselle à Sainte-Anne. Il faut préciser que pendant ces années de guerre et d'après-guerre, seul le CNRS octroyait des bourses de recherche  aux psychologues cliniciens, et les membres de ce laboratoire émargeaient au CNRS ; ni les hôpitaux, ni l'université n'avaient de postes budgétaires pour notre profession.

 

-         D'autre part, l'Association Internationale du Rorschach, fondée à Zurich en 1948, souhaitait la constitution de groupes nationaux et la France fut le premier pays à répondre à cet appel. En effet, en Juillet 1949, Cécile Beizmann s'est assurée de l'accord du Professeur Daniel Lagache comme Président et du patronage de personnalités prestigieuses tels les Professeurs Baruk, Dechaume, Delay, Fraisse, Heuyer, Merleau-Ponty, Piéron et Wallon, autant médecins que philosophes et psychologues.

  

Cécile Beizmann

Cécile Beizmann

 

            Des statuts furent élaborés ; le Bureau s'associa un comité de candidatures, un comité culturel et un conseil, ce qui assurait le bon fonctionnement du groupement. Le projet d'activités comprenait la publication d'un bulletin de liaison interne semestriel, la mise en place de séances hebdomadaires de travail, l'organisation de symposia et plus tard de congrès.

            En tant que tel, le groupement n'a pas cherché à organiser la formation à la méthode du Rorschach. Certains des membres fondateurs organisèrent dès 1951 un enseignement en privé, étalé sur 2 ans ; Cécile Beizmann assurant un séminaire d'étude du test à l'Institut de Psychologie de l'Université de Paris.

           

 

Cette éclosion de projets prouvait bien qu'il était grand temps de fonder une telle association pour approfondir la formation, faciliter les échanges scientifiques et aussi divulguer les informations, surtout celles en provenance des Etats-Unis, dont on avait été coupé par la guerre, alors que le Rorschach et les Techniques Projectives dominaient le champ psychologique aux Etats-Unis tant dans l'élaboration théorique que dans la pratique clinique.

            Les pionniers de ce fulgurant départ étaient groupés autour de Cécile Beizmann, plus exactement autour du tandem Cécile Beizmann - Nella Canivet :

-         Cécile Beizmann aussi active que modeste, convaincue de l'intérêt du test en psychologie de l'enfant qu'elle pratiquait au laboratoire de Psychobiologie de l'Enfant dirigé par le Professeur Wallon,

-         Nella Canivet, psychologue formée à Genève, amie de Marguerite Loosli-Usteri, assistante ensuite d'André Ombredane, connaissait bien les ouvrages américains sur le Rorschach ; esprit rigoureux, intelligence claire et critique, son enseignement était exemplaire et ses élaborations théoriques percutantes.

 

 

Dans le monde médical, l'intérêt pour le Rorschach s'est beaucoup intensifié du fait de l'organisation du Symposium Rorschach au Congrès International de Psychiatrie en septembre 1950 à Paris. En effet, ce symposium présidé par le vice-président du Groupement Français, le Dr Dublineau, et par le Président de l'Association Internationale du Rorschach, le Dr Morgenthaler, a vu se dégager les lignes d'activité des groupes d'études du Rorschach en France, au Portugal, au Brésil, au Pérou, en Hollande ainsi qu’en Suisse.

            Dans les premières années de la vie du Groupement, la participation des médecins fut très active : ainsi, en 1952, parmi les 58 membres, il y avait 18 médecins de culture philosophique. Parmi les plus influents, il faut citer les docteurs Eugène et Françoise Minkowski dont l'approche phénoménologique est encore présente. Bien des thèses de médecine portaient sur le Rorschach. Parmi les psychologues, il y avait surtout des psychologues du travail, des conseillers d'orientation professionnelle, des chercheurs et quelques rares psychanalystes : rappelons que les psychologues cliniciens n'avaient pas encore acquis droit de cité. Les premiers professeurs de psychologie clinique, Daniel Lagache et Didier Anzieu, furent véritablement des maîtres à penser en matière de psychologie projective et d'approche clinique.

 

Didier Anzieu

Didier Anzieu

 

 

Activités du Groupement Français du Rorschach

            En fait, ni le Groupement Français du Rorschach, ni plus tard la Société Française du Rorschach n'ont jamais poursuivi ou mis en place d'activités scientifiques. Ce sont les membres qui individuellement ou en groupe présentaient leurs questionnements ou proposaient leurs recherches.

            Un survol des thèmes des travaux cliniques et de recherche peut être esquissé ainsi :

- la décennie de 1950 à 1960 a été marquée par la proposition générale de Daniel Lagache sur « l’essentiel » du Rorschach ; celui-ci provoquant une « rêverie imageante », conduite adaptative au test de Rorschach alors que la conduite percevante est inadaptée. La répercussion de ces idées n'a pas été immédiate ; certains y sont encore imperméables. Cette période a vu se développer par ailleurs les travaux de Françoise Minkowska sur l'importance du « discours », soutien d'une structure mentale définie.

- la décennie de 1960 à 1970 a vu se concrétiser l'idée de la complémentarité de deux épreuves projectives ; c'est ainsi que l'on appliqua conjointement Rorschach et Village, Rorschach et CAT, Dessin de l'Arbre et, de plus en plus, Rorschach et TAT. Par ailleurs, les travaux de Cécile Beizmann ont couronné les recherches sur la « mentalité infantile ». C’est à cette époque que paraît la réédition de l’ouvrage de Marguerite Loosli-Usteri Manuel Pratique du test de Rorschach (1938, 1962), et que paraissent le livre de Didier Anzieu Les méthodes Projectives (1961) ainsi que le livre de Nina Rausch de Traubenberg La pratique du Rorschach (1970)

 

- après 1970, la centration de recherche se déplace et l'accent est souvent mis sur l'idée de « corps » en tant qu'objet psychologique, conscience corporelle, image du corps intégré puis représentation de soi et des relations. Les mouvements entre réel et imaginaire, entre percept et fantasme illustrent le processus de la réponse au Rorschach. Au TAT, l’accent est davantage placé sur le fantasme et la place nodale de ce concept qui est à l’origine du mouvement qui aboutit chez le sujet à la production de l’histoire. Les travaux de Vica Shentoub et Rosine Debray sur le dégagement du contenu latent datent de cette période.

- à l’entrée des années 80, des pas de géant se réalisent puisqu'on forme des hypothèses sur l'expression de la mentalisation, de la symbolisation au Rorschach et que la conception psychopathologique des états limites (Vica Shentoub) fait découvrir de nouvelles expressions dans les épreuves projectives. Didier Anzieu associe Catherine Chabert à la 7ème réédition de son ouvrage sur Les méthodes projectives (1983) et sont publiés les ouvrages de Catherine Chabert Le Rorschach en clinique adulte. Interprétation psychanalytique (1983) et La psychopathologie à l’épreuve du Rorschach (1987) et de Françoise Brelet Le TAT. Fantasme et situation projective (1986).

            En bref, on ne recherche plus dans les Techniques Projectives des traces de symptômes, et la visée diagnostique du travail du clinicien se double d'une visée pronostique de recherches de capacité de changement, d'évolution après trauma ou thérapie.

            L'essentiel devient dorénavant évident : les épreuves projectives doivent être maniées ou analysées en fonction d'un référent théorique clair ; elles constituent un lieu où les connaissances théoriques s'incarnent dans le discours du sujet. Leur visée est double : comparaison avec un cadre connu et mise en évidence des différences et singularités des fonctionnements mentaux.

            Ce niveau de maniement des épreuves projectives me paraît être le niveau d'une certaine maturité qui ne pouvait être atteint qu'au travers d'une constante articulation, un va-et-vient entre théorie et pratique, entre rigueur des démarches et ouverture des recherches, tout cela rendu possible par la très large mise en place de l'enseignement à l'Université Paris 5 et d'autres universités, car enseigner suppose capacité à chercher la signification de tous les paramètres de la situation et comprendre le sens de leurs interactions et ce, toujours en fonction d'un référent. Les enseignants universitaires et leurs assistants cliniciens ont fait œuvre utile, voire essentielle, pour cette compréhension grâce à un travail d’équipe : les champs d’action des enseignants et des cliniciens sont différents et leurs regards se complètent, se fécondent, s’enrichissent les uns les autres.

 

 

Les publications

Le Bulletin

 

Dès le premier numéro, ce bulletin uniquement interne réalise les souhaits des fondateurs, publie des articles de fond, des analyses bibliographiques en grand nombre, le calendrier et le contenu des séances de travail (5 à 7 par mois), les projets de symposia.

 

Les rédacteurs ont été d'abord Didier Anzieu pour 12 numéros, Jacques Verdeaux pour 3 numéros, le Dr Raymond Péchoux pour les suivants, Justin Schlegel de 1973 à 1990, Anne Andronikof et moi-même entre 1991 et 1994. A partir de 1967, la parution est annuelle et les numéros sont à thèmes, les thèmes étant généralement ceux des symposia. Ce n'est que bien plus tard qu'un comité de lecture est instauré par Anne Andronikof et, depuis 1993, les articles sont recensés par PsycInfo et les Psychological Abstracts. Autrement dit, ce Bulletin sortait au grand jour, ses numéros étaient en vente en librairie.

 

Il devient l’organe de la Société Française du Rorschach et des Méthodes Projectives, nouvelle appellation de notre association dès 1961 afin d’intégrer d’autres méthodes que le Rorschach, et en 1987, Société du Rorschach et des Méthodes Projectives de Langue Française, du fait de la présence de membres francophones de nationalité autre que française. Il est à signaler que dès 1959 quelques collaborateurs de Françoise Minkowska, membres du Groupement du Rorschach, décidèrent de publier leurs propres articles dans Les Cahiers du Groupe Françoise Minkowska, études consacrées non seulement au Rorschach mais aussi aux dessins, aux EEG et aux productions littéraires.

 

 

Psychologie Clinique et Projective

 

Cependant, en 1995, l’organe officiel de la Société du Rorschach et des Méthodes Projectives devient Psychologie Clinique et Projective, changement impératif car réfléchissant au plus près la réalité des investissements cliniques et de recherche des membres de la Société.

La nouvelle publication bénéficie du soutien du Laboratoire de Psychologie Clinique et de Psychopathologie de Paris 5 et c’est la Société Dunod , qui a publié toute une série de livres de certains d’entre nous, qui en réalise l’édition. La revue est semestrielle au départ pour devenir annuelle à partir de 1997. Dès cette date, la Société prend elle-même en charge l’édition et c’est la Présidente de la Société qui assume la responsabilité de la publication avec un rédacteur invité pour chacun des volumes. Ceci fait que depuis cette date il y a une correspondance étroite entre les titres des colloques ou symposia et les titres des numéros qui, de bien entendu, acceptaient des articles hors thèmes. Depuis 2002, c’est le Professeur Claude de Tychey de l’université Nancy 2 qui est Directeur de publication.

 

D’autres revues de Psychologie ont proposé leurs pages aux techniques Projectives. Le Bulletin de Psychologie édita des numéros spéciaux en 1963, 1983 et 1984 ; la Revue de Psychologie appliquée publia en 1984 un tome consacré au centenaire de la naissance de Rorschach et en 1990 un numéro exceptionnel publié pour le XIIIème Congrès International du Rorschach à Paris. Psychologie Médicale prit en charge la publication de deux colloques en 1989 et 1990. C’est dire combien l’approche projective était enrichissante, exigeait la réflexion critique et devenait outil de pensée.

 

 

Les séances de travail

 

            Les séances de travail quasi hebdomadaires ont connu un franc succès jusqu’en 1966 et nous ne pouvons que louer le courage de nos aînés. Ils venaient proposer un éventail très large de sujets d’information et de discussion tant sur les facteurs, les données du Rorschach que sur d’autres techniques projectives, le test Z, le test du Village, la mosaïque de Löwenfeld, la pyramide de couleurs de Pfister, le test de l’arbre, alors que les modèles mathématiques de maniement du Rorschach ne rencontraient guère de succès. Des groupes de province, Marseille, Strasbourg, témoignaient de leurs orientations de travail et des premiers résultats des applications.

 

C’est lors de certaines de ces séances que l’on forma un groupe de « juges » pour l’évaluation des qualités des réponses Forme, mais ce travail n’a pu aboutir, faute d’une disponibilité suffisante de la part des uns et des autres.

 

Il semble que l’expérimentation sur différents groupes de soignés, soignants (médecins, infirmières), ou appartenant à divers corps de métiers ait à cette période mobilisé les praticiens. Cependant, on peut noter qu’un questionnement s’exprime a minima sur le passage à l’imaginaire au Rorschach, le rêve éveillé, la possible signification symbolique du stimulus, le relationnel, alors que le groupe de Marseille de Schachter et Cotte effectuait des études statistiques sur des centaines voire des milliers d’enfants, études publiées dans la revue Etudes neuropathologiques infantiles.

 

            Tout ce foisonnement d’expériences et de réflexions amènent le bureau à accepter d’organiser le VIème Congrès International du Rorschach à Paris en 1965.

 

 

Le VIème Congrès International du Rorschach et des Méthodes Projectives

 

            Il s’est déroulé du 20 au 26 Juillet 1965 et a réuni 500 participants en provenance de 22 pays. Les travaux du congrès se sont inscrits dans 10 rapports et 123 communications. L'ensemble des travaux présentés est marqué par une grande hétérogénéité des points de vue et des orientations de travail. Instruments « idiomatiques » par excellence, le Rorschach et les Méthodes Projectives constituent un langage commun entre psychologues et sujets. Le Rorschach est un instrument unique, « le Rorschach est une culture » conclut le Dr Morali Daninos, secrétaire général du Congrès. Les 4 volumes des Actes de ce Congrès constituent une rareté bibliographique.

 

 

Les Symposia, Colloques et Journées de travail

 

Le congrès terminé, les très nombreux échanges mis en place par le Bureau et le Comité de Rédaction (dont je fais partie depuis 1962) ont opté pour une organisation des activités à thème. Certains optèrent pour deux journées de travail, journée de printemps et d’automne, le Bureau parisien déléguant parfois ses pouvoirs à un groupe de province. C’est ainsi que les collègues de Lyon, Lille, Toulouse, Rennes, Montpellier, Dijon, organisèrent leurs propres symposia en choisissant les thèmes et les intervenants. Cet élargissement a été très profitable aux échanges et évitait la monopolisation de Paris. C’est ainsi, par exemple, que fut traité à Strasbourg le Test du Village et, en 1968, par le groupe de Strasbourg, avec Robert Durand de Bousingen et Georges Lantéri-Laura, Les concepts psycholinguistiques applicables aux Techniques Projectives.

 

 

Le symposium 1970 avait pour thème L’identification, thème introduit par Didier Anzieu qui marquait une orientation vers la référence psychanalytique (Bulletin n°25). Le colloque de 1976 sur Les mécanismes de défense confortait l’approche psychanalytique de l’interprétation du Rorschach (bulletins n°29 et 30).

 

            Deux symposia furent consacrés aux Contenus (Bulletin n°24), puis aux Thèmes (Bulletin n°27) dans le Rorschach. Celui des Thèmes retiendra l’attention car dérivé des positions théoriques de Roy Schafer sur l’analyse thématique à partir des images. Les catégories retenues ne sont pas systématiques ni hiérarchiquement intégrées : il s’agit entre autres de dépendance orale, d’orientation et de préoccupations anales, d’orientations sadomasochistes, de conflits du Surmoi, etc. Un autre exposé illustre les Thèmes donnés par les enfants pré-psychotiques.

 

 

D'autres symposia étaient centrés sur des domaines d'investigations :

 

 

-         La psychologie clinique, symposium organisé en 1972 par l'Institut de Psychologie de l'université de Liège avec en particulier une étude de la personnalité des psychologues et des psychiatres.

 

 

-         La médecine psychosomatique. Le Dr Timsit, avec le Dr Morali Daninos, organisa ces journées annuelles à Liège en octobre 1974. Le Bulletin (n°31) qui publia les communications constitue une prise de position percutante sur ce problème éclairé ici non seulement par le Rorschach mais également par le Szondi et surtout le TAT.

 

-         Les toxicomanies ont fait l’objet de deux colloques en 1977 et 1978. Ce domaine exigeant une approche pluridisciplinaire est introduit par le Professeur et clinicien Jean Bergeret et discuté en termes de « différentes formes structurelles de dépendance au Rorschach ». Les travaux de ce colloque furent publiés, avec l’aide du Ministère de la Santé , en octobre 1981 (Bulletin n° 32).

 

 

-         En 1979, le thème de la rencontre fut La dépression.

 

 

-         Le symposium sur Le Narcissisme, tenu en 1980, introduit par Daniel Widlöcher, a été l’occasion de la première intervention du Groupe de recherche en psychologie projective de l’Institut de Psychologie. En effet, les enseignants du Certificat de Formation aux Techniques Projectives ont rejoint individuellement la Société en y imprimant leur mode de pensée et d’action. Les enseignants statutaires tels Vica Shentoub, moi-même, Rosine Debray, Catherine Chabert, leurs assistants, lançaient des projets de recherche plus vastes, dans une ligne de pensée d’une plus grande envergure en matière de psychologie projective et ce, grâce au travail d’équipe instauré avec les cliniciens.

 

 

-         En 1980, s’est tenu à Lyon le symposium sur L’implicite et l’explicite dans le Test de Rorschach, sujet qui annonce les futurs travaux sur la possible valeur symbolique des stimuli Rorschach.

 

 

-         En 1981, une journée commune entre la Société du Rorschach et la Société Française de Psychologie (section psychologie clinique) traita de sujets fort originaux : Les expressions graphiques de 16 dessinateurs, l’exploration de l’imaginaire proposé par Y. Durand dans les tests AT9 et AT10, ainsi que le dessin de l’intérieur du corps (Inside Body Test).

 

 

-         En Novembre 1981, on discuta du Congrès International de Washington, congrès qui permit à tous de faire la connaissance de John Exner, personnalité originale, ardente, auteur du Système Intégré d’analyse du Rorschach.

 

 

-         C’est à Lille, en Juin 1982, que le Professeur Denise Osson convia la Société pour traiter du « Rorschach dans le Développement de l’Enfant » : la perspective phénoménologique y fut largement présente.

 

 

-         L’intérêt des méthodes projectives dans l’approche des Perversions fut amplement discuté lors d’une séance de travail à Paris en Mai 1983, alors qu’en Novembre l’Université de Montpellier invitait la Société à déterminer l’intérêt du Rorschach dans Les psychoses.

 

 

-         Les années où avaient lieu les Congrès Internationaux, les symposia étaient des réunions de travail et d’échange sur les différents rapports aux Congrès ou l’étude de cas qui y avait été présentée. C’est ainsi qu’en Novembre 1984 ont été rediscutées les très riches communications françaises et étrangères du XIème Congrès International qui avait eu lieu à Barcelone. À cette même réunion, Claude de Tychey présenta un rapport sur Les expressions de l’angoisse dans les différentes organisations psychiques.

 

 

-         Le colloque TAT fut le grand événement de cette décennie. Organisé en Décembre 1986, pour fêter le cinquantenaire de ce test, il a été présidé par Didier Anzieu et Vica Shentoub. Une table ronde réunit Françoise Brelet, Rosine Debray, André Husquinet. La complémentarité ou l’antinomie du TAT par rapport au Rorschach fut posée pour la première fois par Catherine Chabert. Les spécialistes de Lausanne, de Bruxelles, de Lyon rendirent un vibrant hommage au TAT. C’est du reste la même année que fut publié le livre de Françoise Brelet, TAT. Fantasme et situation projective.

 

 

-         En Décembre 1987, le thème Dynamique dans les Techniques Projectives : convergences et divergences fut proposé par le Laboratoire de Psychologie Clinique de Strasbourg.

 

 

-         Le symposium Projection et Cognition fut organisé à Paris sur deux jours en Mai 1988. C’est pour rompre le cloisonnement existant entre ces deux disciplines que fut décidée cette rencontre animée par Bernard Gibello, Robert Durand de Bousingen et des cliniciens. Lors de ces deux jours de travail, il y eut deux communications sur le Rorschach Système Intégré de John Exner.

 

 

-         En Novembre 1988, l’université Libre de Bruxelles, en les personnes de Jeanine Blomart et Alex Lefebvre, nous fit l’honneur d’une très large invitation sur le thème Techniques Projectives et Représentation de Soi. Thème très différent des perspectives nosologiques et proposant un appareil conceptuel facilement exprimé en termes de Rorschach. Ces travaux ont été publiés dans le Bulletin n°34.

 

 

-         La réunion à Paris en Décembre 1988 fut une séance de travail qui comportait des Etudes de cas de clinique infantile présentées par Anne Andronikof-Sanglade, Michèle Emmanuelli et Martine Fabbri.

 

 

-         Une journée d’études fut organisée par le groupe de Lausanne (avec Frieda Rossel, Colette Merceron et Odile Husain) sur les bords du lac d’Annecy en mai 1989. « La plainte douloureuse chronique » en fut le thème principal dont la conceptualisation fut présentée par le Dr Patrice Guex, psychiatre. Le groupe de Lausanne, très spécialisé en psychopathologie carcérale, présenta des cas et une approche tout à fait originale tenant beaucoup compte du langage.

 

 

 

 

C’est ici que se place notre congrès, le XIIIème Congrès International du Rorschach et des Méthodes Projectives. Il a eu lieu à Paris, au Palais de l’UNESCO en Juillet 1990 et a réuni 650 participants de 30 pays. Deux Français, Didier Anzieu et Pierre Pichot, et deux Américains, Leopold Bellak et Roy Schafer, comme Présidents d’honneur, cela annonçait déjà tout un programme ! Le travail scientifique a été de premier ordre : le Comité Scientifique, présidé par le Dr Meyer Timsit, a œuvré avec une ardeur et un souci d’équilibre international rares. Le franc succès de ce congrès est dû également à l’extrême vitalité des échanges dans les couloirs et les lieux de détente mais aussi à la qualité des « espaces » que sont l’UNESCO et Paris. S’il fallait choisir entre cinq programmes toutes les 90 minutes, il fallait aussi ne pas manquer d’entendre les auteurs connus de livres et de tests tels Leopold Bellak, Paul Lerner et bien d’autres. Les actes du congrès ont été publiés à Berne dans Rorschachiana XVII sous la rédaction d’Anne Andronikof et moi-même, les tâches administratives ayant été magistralement assurées par Marcelle Peyré et Marie Laure Sudre . Le Bulletin n°35 donne deux compte-rendus, un de Meyer Timsit et l’autre de Bruce L. Smith.

 

   

Congrès International du Rorschach

  

Affiche du XIIIème Congrès International du Rorschach et des Méthodes Projectives, réalisée par Corinne Martin.

 

 

Léopold Bellack et Nina Rausch de Traubenberg

 

Léopold Bellack et Nina Rausch de Traubenberg

 

 

Philippe Jeammet, John E. Exner, Nina Rausch de Traubenberg, Latife Yazigi,

 

Philippe Jeammet, John E. Exner, Nina Rausch de Traubenberg, Latife Yazigi,

Catherine Chabert, David Ephraïm, Meyer Timsit

 

 

-         Malgré la surcharge occasionnée par le Congrès International, un nouveau symposium eut lieu en Novembre 1990 sous l’égide de la Faculté de Psychologie de l’Université de Liège sur « La place des techniques projectives dans le choix professionnel et les processus de changement. »

 

-         Le Colloque du printemps en Juin 1991 a été très attendu. Il était consacré aux Techniques Projectives à l’Adolescence. Le groupe des psychologues du Service de Psychiatrie Infantile de l’Hôpital de la Pitié-Salpétrière y a présenté les prémices d’un important travail de groupe sur le maniement du Rorschach à l’adolescence, maniement formel et vécu thématique en fonction des planches. La sublimation à l’adolescence y fut traitée par Michèle Emmanuelli alors que notre collègue de Lisbonne Maria Emilia Marquès, excellente théoricienne, a distingué l’expression masculine et féminine à l’adolescence au Rorschach.

 

-         Novembre 1991 nous trouve en Alsace, à Rouffach, dans un Centre Hospitalier Spécialisé où Christine Rebourg organisa avec maestria un colloque sur La Dépression , ses multiples formes, et une étude de cas analysée sous trois approches différentes. Colloque très dense et dans un environnement très riche.

 

-         La journée de travail en Juin 1992 permit de connaître Le M.A.P.S (« Make A Picture Story »), matériel scénique utilisé comme technique projective par le groupe de Rennes (Loïc Villerbu).

 

-         C’est également le groupe de Loïc Villerbu de l’Université de Rennes qui mit sur pieds les Journées d’Automne en Novembre 1992 sur le thème général « Psychopathologie Criminelle - Méthodologie Projective ». Il s’agissait de répondre aux questions posées en pathologie criminelle, en épidémiologie et en expertise.

 

-         1993 ne vit qu’une seule réunion, sur le thème « Dynamique Familiale et Tests Projectifs », où projection et fantasmatisation furent remarquablement parlantes dans les exposés donnés. Un compte-rendu du XIVème Congrès International de Lisbonne termina la journée.

 

-         En 1994, il y eut deux colloques d’importance. Le premier, au mois de mai, organisé par le Professeur Catherine Chabert à l’Institut de Psychologie de Paris 5, portait sur Les problématiques du féminin qui laissa une place aux problèmes anorexie/boulimie. Le second, à l’automne, présidé par le Professeur Jacques Selosse sur « Violence agie,violence subie » nous mit en présence du drame des enfants battus et/ou maltraités. Le large éventail des participants (Lyon, Bruxelles, Mons, Anger, Rouen, Lille) signe l’actualité du problème.

 

-         Le colloque de Mai 1995, tenu à La Sorbonne , afficha «  La Psychologie des Maladies Somatiques » où l’on se posa des questions telles que le pronostic, l’existence des mouvements de vie dans les maladies graves, le sida, les cancers, les myasthénies.

 

-         Le colloque d’Automne 1995 fut invité par le Centre de Recherches en Psychologie et Psychopathologie Clinique de l’Université Lumière Lyon 2. L’originalité de ce colloque consacré à « La méthode projective en psychopathologie de l’enfant » tient à son organisation qui comprenait autant d’ateliers sur les techniques que de questionnements méthodologiques et cliniques. Pascal Roman en fut l’organisateur.

 

-         En 1996, la Société du Rorschach n’organisa qu’un seul colloque, mais de taille, car remettant en question quelques certitudes anciennes. Catherine Chabert présida ce colloque « Actualité de la Névrose  » où la nouveauté a consisté à reprendre des cas utilisés dans l’enseignement il y a quinze ans et en discuter le diagnostic avec les acquis actuels. Cette relecture a été pleine d’enseignement.

 

-         Des structures de travail plus légères furent proposées dès 1997, soit des après-midi. À Paris furent jetées les prémices d’une Etude normative du Rorschach à l’adolescence. À Lyon, le thème de réflexion fut « Le neutre et la neutralité ».

 

-         En mars 1998, Nina Rausch de Traubenberg a été invitée à présider avec le Professeur Sztulman une journée de débats, à Toulouse, sur le thème « Psychologie projective et pratiques cliniques ». La réunion fut très animée, le climat très amical avec d’anciens collègues et des psychologues de la formation continue. Un grand colloque se mit en place à Dijon en mai, organisé par le Professeur Hervé Benony sur le thème très large des « Crises de la vie et réorganisation psychique ». Divers ateliers furent proposés en plus des conférences. L’un des thèmes discutés fut celui de la mentalisation. L’année 1998 se termina par une après-midi projective sur le thème des « Clivages et Traumatismes primaires ».

 

 

-         Enquête sur l’Enseignement et la Formation aux Techniques Projectives. La Société du Rorschach, soucieuse de la formation aux Techniques Projectives, a lancé à la fin des années 90 une enquête auprès des différentes universités qui affichaient un cursus en psychologie clinique en 3ème cycle. Les réponses de 14 universités françaises, de 2 belges, d’une université Suisse et de 2 italiennes furent analysées qualitativement sur le plan des méthodologies utilisées pour le Rorschach, le TAT et les autres techniques projectives, mais aussi sur le mode interprétatif pris en compte. Un rapport exhaustif fut présenté au Congrès International du Rorschach et des Méthodes Projectives de 1999 à Amsterdam. Les réponses à cette enquête furent discutées lors d’un colloque à Paris en Novembre 1999 et mériteraient à nouveau un travail d’élaboration et de diffusion. Les premiers résultats de l’Etude Normative des Facteurs Rorschach ont été présentés au même colloque ainsi qu’une étude de cas analysée dans deux optiques très différentes.

 

-         Le colloque sur le TAT, en hommage à Vica Shentoub, eut lieu en décembre 2000 et fut particulièrement émouvant car introduit par des souvenirs personnels de Rosine Debray et par l’hommage de tous pour le remarquable travail de Vica Shentoub sur l’interprétation psychanalytique du TAT. Les travaux de ce colloque ont été publiés dans le Volume 8 de l’année 2002 de Psychologie Clinique et Projective.

 

-         Le colloque d’automne 2001 a été préparé par le Professeur Jean-Michel Petot du Laboratoire de Psychologie Clinique des Faits Culturels de l’Université Paris X-Nanterre. Le thème en fut « Les méthodes projectives et le passage à l’acte ». Pensée et action, fantasme et action, sont certes des problèmes essentiels dont la compréhension serait indispensable pour la prédiction, tant dans le suicide si grave de l’adolescent que dans le devenir délinquant possible.

 

-         L’année suivante, 2002, fut une année jubilaire marquant le Cinquantenaire des publications et de la Société elle-même. Il fut dûment fêté par un historique des Bulletins ainsi que des thèmes traités. Les résultats de ces cinquante ans de travail s’inscrivent bien dans la différence observée entre le Bulletin n°1, dont Didier Anzieu était le rédacteur, et le volume 7 de Psychologie Clinique et Projective, numéro dédié en hommage à Didier Anzieu, personnalité d’une rare envergure, psychologue universitaire, psychanalyste, écrivain, prônant dès le début la richesse de la psychologie projective, devenu notre maître à penser, nous poussant toujours à créer.

 

-         Le colloque de 2002 fut consacré à « l’Adolescence ». Les groupes des psychologues de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière , de Lyon 2 et de l’Université de Mons-Hainaut y exposèrent les problèmes des fonctionnements limites, les aménagements psychiques des adolescents auteurs d’abus sexuels et les réactions adolescentes à la séparation parentale.

 

-         L’université de Savoie, son centre d’Etudes du Processus de la Création , la Société Internationale de Psychopathologie Phénoméno-Structurale ont organisé, avec notre Société, le Colloque de Mai 2003 sur le beau thème de « Création et Créativité à l’épreuve du Rorschach et des Méthodes Projectives. Approche clinique et psychopathologique ». Les conférences et communications se sont organisées d’une part autour d’un axe mode de création, narration, graphisme et art pictural et d’autre part compte-tenu de diverses tranches d’âge, c’est dire le large éventail des points de vue et la diversité des expériences.

 

-         Le thème « Identité, Identification » fut traité lors du colloque de Novembre 2003 dans ce qu’il a de particulier dans la psychose et les réactions mère/fille et aussi d’autres remaniements de l’âge de latence à l’adolescence chez la jeune fille. Des études de cas présentées par les Professeurs Jacqueline Donnay-Richelle et Monika Boekholt ont clôt la journée.

 

-         Voilà un titre très moderne « Problématique de la Parentalité  », moderne car le terme « parentalité », pourtant si répandu, n’apparaît qu’en 1985 dans les dictionnaires. C’est donc la fonction parentale qui est objet d’étude et non plus le concept de famille. Les liens parents/enfants d’une part et le désir d’enfant d’autre part doivent être traités en fonction des bouleversements récents. C’est ce que proposait le Professeur Jacqueline Donnay-Richelle de l’Université de Mons-Hainaut lors du colloque qu’elle organisa à l’Université de Mons le 8 mai 2004.

 

-         Les thèmes précédents, tels que « Créativité », « Identification », « Parentalité », amenèrent tout naturellement à une vision de synthèse, intitulée « Grandir, Mûrir, Vieillir. Traductions cliniques et projectives ». Ce colloque fut remarquable en tous points peut-être parce qu’il touchait chacun de nous et que rien de ce qui a été dit ne nous était indifférent. François Marty, Henri Danon-Boileau, Marion Péruchon, Michèle Emmanuelli, Marianne Baudin et d’autres ont su montrer les spécificités de « Grandir, mûrir, vieillir » où, à chaque palier, il faut accepter l’irréversibilité du temps.

 

-         Le colloque « Dépendances » s’est déroulé en Novembre 2005 à l’Université Paris 5 - René Descartes, introduit par le Professeur Philippe Jeammet. Il a porté sur le thème de l’articulation réalité interne/réalité externe.

 

-         Le colloque suivant, Les  Perversions, organisé par le Professeur Claude de Tychey vient de se tenir à Nancy ce 1er Avril 2006 avec une large participation d’intervenants. Remarquons ici que nos collègues de province ont su faire des colloques chez eux, un événement social en intégrant aux professionnels les autorités locales dans une atmosphère festive.

 

 

Voici donc, rapidement esquissé, l’historique de la Société du Rorschach et des Méthodes Projectives de Langue Française, ses publications et un inventaire impressionnant des thèmes traités lors des symposia et colloques de la Société depuis 1969.

 

            Soulignons ici la large participation de nos collègues de Belgique à la vie de la Société  ; celle, en particulier, de Meyer Timsit, devenu Professeur de Psychologie à l’université de Liège. Personnalité très riche, non seulement par les multiples formations de psychiatre, neurophysiologiste, psychologue, mais aussi par son ardeur de communication et sa passion pour l’homme et la science. Convaincu du caractère « unique » des Techniques Projectives, il s’est engagé à fond dans la vie de la Société depuis 1972. Le Bulletin n°38 de l’année 1994 est un numéro spécial à son hommage.

 

            Un hommage particulier doit être rendu à Justin Schlegel qui, dès le début, et jusqu’aux années 2000, a été l’infatigable travailleur, soutien et cheville ouvrière de la Société. Il a exercé toutes les fonctions, modestes ou honorifiques : secrétaire adjoint, trésorier, président, rédacteur en chef de la revue ; il connaissait tous les rouages, s’impliquait à fond avec toute l’intégrité possible à chacune des étapes. Organisateur rigoureux, il n’avait de cesse de promouvoir et/ou défendre l’utilisation des tests : il œuvrait dans la Commission Internationale des Tests tout en gardant toute son énergie à la Société du Rorschach et des Méthodes Projectives de Langue Française.

 

Avoir égréné ces titres amène à quelques réflexions sur les tests dits « projectifs » et qu’il vaudrait mieux nommer « tests de personnalité ». Les deux méthodes principales, le Rorschach et le TAT, se distinguent l’une de l’autre par leur construction. Rorschach et TAT se complètent en faisant appel à des niveaux de fonctionnement et de problématique différents. Le travail effectué sur ces deux épreuves nous permet de dire que nous avons éprouvé leurs possibilités, compris leurs qualités intrinsèques à travers l’analyse qualitative des facteurs de construction, du contenu manifeste et latent des stimulus, de leur structure perceptive et sensorielle. L’ensemble des données recueillies est obligatoirement replacé dans le relationnel de la situation projective. Il reste certain que le travail d’interprétation des facteurs, de leur articulation dynamique, ne peut être intelligible que si l’on se réfère à un corpus théorique homogène. Il s’avère tout à fait possible d’appliquer au TAT et au Rorschach en particulier, des référents théoriques divers, tels la théorie du champ, la théorie associationniste, la théorie phénoménologique, la théorie psychanalytique ou la théorie caractérologique.

 

            Il y a dans l’œuvre de Rorschach une telle ouverture, une telle liberté que chacun se trouve renvoyé à un écho particulier.       Ce qui s’est produit dans les premières décennies, c’est un travail d’applications du test à des groupes de sujets dans différentes situations. Plus tard surgirent des essais conceptuels, des réflexions théoriques sur le processus mental à l’origine des réponses d’une part et sur le matériel stimulus d’autre part. La diversité des approches interprétatives s’inscrit dans l’ouverture propre à l’Objet Rorschach, cet objet réel qui renvoie à l’imaginaire comme la représentation qui suscite l’affect. C’est ainsi que le Rorschach devient outil de pensée qui sert différentes hypothèses, que ce soit celle de la projection corporelle, des capacités de symbolisation, d’organisation défensive ou de mentalisation. Les notions de fonctionnement psychique individuel s’inscrivent dans le concret d’un discours vivant.

 

            L’on se trouve donc tout naturellement devant différents modes interprétatifs. Par exemple, celui du Système Intégré de John Exner basé sur les facteurs formels soumis à l’analyse expérimentale, ou celui d’un modèle linguistique ou phénoménologique du discours, ou celui enfin d’une analyse dynamique des données formelles, de leur articulation au discours, en référence à la théorie psychanalytique, analyse enseignée à l’Institut de Psychologie de Paris 5.

 

C’est ainsi que les Techniques Projectives restent un lieu d’expression, d’élaboration, bref un champ toujours ouvert à la pensée et à l’autre.

 

 

Automne 2006

 

 
     
Société du Rorschach et des méthodes projectives - Institut de Psychologie 71, avenue Edouard Vaillant F - 92774 Boulogne-Billancourt cedex